Midi Libre - Édition du jeudi 5 mars 2009
Politique : Les Verts estiment l’eau du robinet trop chère
Au regard de nouveaux éléments, les écologistes exigent un audit L’eau du robinet , à Montpellier, est-elle trop chère ? « Oui ! »répondent sans ambage les Verts montpelliérains, aujourd’hui dans l’opposition municipale. Ils vont même plus loin en évoquant, en forme de préalable : « Veolia (le délégataire pour la ville, Ndlr) pourrait devoir des millions d’euros aux habitants. »
Comme ce fut le cas à Bordeaux, un exemple aujourd’hui élevé au rang de symbole.
« Partout où il y a eu des audits, il y a eu révision des prix pratiqués. Dans la communauté urbaine de Bordeaux, Veolia a rendu 230 M€ pour l’eau et 74 M€ pour l’assainissement », comptabilisait Jean-Louis Roumégas.
Auparavant, Nathalie Medeiros a pu faire la liste des nombreuses interrogations déjà posées sur la gestion de Veolia : « Pourquoi l’abonnement augmente ainsi que le prix du m 3 . On ne comprend pas les frais de personnel ni certaines lignes comptables. Pourquoi avoir signé un contrat sur vingt-cinq ans en 1989 alors que la loi en impose douze minimum » .
Tout est décortiqué par les écologistes et de nouvelles questions se font jour : sur le rendement, le contrat passé en 89, les provisions, l’opacité des rapports financiers ou ces lignes comptables illisibles ...« Comment expliquer que Veolia à Montpellier ne dégage que 665 000 € » alors que dans le même temps « sa marge est supérieure à 40 % ? ».
Et Nathalie Medeiros de poser en guis de bilan : « Veolia fait ce qu’il veut car ils n’a aucun contrôle ». Pour répondre à leurs questions, les Verts ont obtenu de la municipalité la mise en place d’une mission d’information et d’évaluation qui sera portée sur les fonts baptismaux le 30 mars, au cours du prochain conseil municipal.
« Cette mission doit aboutir à un cahier des charges précis et surtout à un audit. » Le but ? Obtenir la transparence et surtout « des compensations éventuelles à la commune, à l’usager ou aux deux ».
Comme à Bordeaux, donc, ou à Anglet, Toulouse, Paris, Lyon, Lille, Briançon... « Partout où des collectifs se sont constitués. »
Plus politique enfin, les Verts demandent un moratoire sur le processus de transfert de compétence de la distribution de l’eau des communes à l’Agglo : « Si on nous le refuse, on demandera ce que Frêche a à cacher. »
Thierry Ruf, élu écologiste à Jacou, estime que ce transfert équivaut « à donner un chèque en blanc. » « Cela commence par l’eau potable et puis cela va vers l’eau brute c’est-à-dire l’eau de nos rivières, de nos sous-sols. C’est une marchandisation insupportable d’un bien public. A quand celle de l’air ? », ajoute, un brin provocateur, Jean-Louis Roumégas. Qui a décidé « au regard des nouveaux éléments d’aller au bout du processus ». Jusqu’au tribunal s’il le faut !




